L’expérience patient

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Vincent Poitout

12 décembre 2016

Deux fois n’est pas coutume! Je me permets encore ce mois-ci de partager avec vous une expérience personnelle. M’étant bêtement cassé le pied, j’ai fréquenté les urgences et le bloc opératoire de l’Hôtel-Dieu et de ce fait, vécu ce que l’on appelle « l’expérience patient ». Je dois dire d’emblée que les soins que j’ai reçus sont exceptionnels et que j’ai été frappé encore une fois par le professionnalisme et le dévouement de tous les intervenants, préposés, infirmières, médecins, avec qui j’ai interagi. Mais l’immobilité forcée (et quelques heures d’attente!) étant propice à la réflexion, cette expérience m’a aussi conduit à observer, avec un regard de patient et de chercheur, notre système tel qu’il est et les améliorations que nos initiatives peuvent y apporter. Avec ce regard, les projets parfois abstraits prennent une signification réelle et tangible. Quelques exemples :

  • Le Centre d’Optimisation des Flux Réseau (COFR), dont l’un des objectifs est une meilleure gestion des flux aux urgences en redirigeant les patients vers la ressource la plus appropriée pour répondre à leurs besoins. Plusieurs de nos chercheurs sont impliqués dans cette réflexion et y apportent leur expertise.
  • Le Carrefour de l’Innovation et de l’Évaluation en Santé (CIES), qui a été annoncé lors du cocktail du 21 octobre dernier et dont la mission est de contribuer à l’amélioration des soins et services de façon continue. Il faut actuellement en moyenne 17 ans pour que 14 % des découvertes scientifiques soient mis en application dans la pratique clinique. C’est trop long et trop peu. Le CIES va améliorer ces chiffres! 
  • Le projet Apogée sur les données massives. Nos centres hospitaliers sont des mines de données trop souvent sous exploitées. Dans le contexte du projet Apogée piloté par l’Université de Montréal en « big data », nous avons l’opportunité de structurer nos données en santé au bénéfice de nos chercheurs et de les transformer en outil d’aide à la décision.

Cette expérience patient a renforcé ma conviction de la pertinence et l’importance de nos programmes de recherche pour la qualité des soins et des services. Nous pouvons en être fiers! 

Ces initiatives ne se développent pas aux dépens de la recherche fondamentale et translationnelle, bien au contraire. Initialement, elles sont plus naturellement orientées vers la recherche clinique et en santé des populations. Mais toutes devront, à maturité, tirer profit et bénéficier de l’ensemble du continuum de recherche au CRCHUM. Car comme le rappelle L. Rafael Reif, président du Massachussetts Institute of Technology, dans ce commentaire publié dans le Wall Street Journal, la science fondamentale est « the foundational stage of research, on which all the rest depends ».

Je termine en vous souhaitant pour la période des fêtes du repos, des moments de qualité avec vos proches, et tout le bonheur que vous méritez! 

Vincent Poitout
Directeur du CRCHUM