Mot du directeur : femmes de science

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3 mars 2016

À l’aube de la Journée internationale de la femme le 8 mars prochain, il m’a semblé important de célébrer ici les nombreuses femmes de science qui œuvrent dans notre centre et contribuent grandement à sa productivité. Le CRCHUM compte plus de 59% de femmes, dont environ 40% des chercheuses et investigatrices, et 54% des étudiantes et stagiaires.

L’histoire des sciences est riche de contributions féminines majeures, de Marie Curie à Françoise Barré-Sinoussi en passant par la biochimiste canadienne Maude Menten qui a donné son nom à l’équation de Michaelis-Menten. Alors que les préjugés sont encore tenaces et la réalité encore décevante, comme le montre un sondage réalisé récemment en Europe pour la Fondation L’Oréal, il faut célébrer le rôle des femmes de science et reconnaître que de mener un carrière scientifique de haut niveau pose des défis distincts pour les femmes et les hommes. Pour en témoigner avec la force de l’expérience, je laisse la parole à Lise Gauvin, professeure à l’école de santé publique de l’Université de Montréal, chercheuse, et directrice adjointe scientifique pour la recherche en santé des populations au CRCHUM :

«En 2008, j’ai été invitée à animer un atelier sur Les femmes en science lors d’une rencontre de mentorat de jeunes chercheurs. J’avais eu beaucoup de plaisir à m’instruire sur tout le chemin parcouru pendant que je préparais la présentation. J’avais aussi conclu que j’étais une grande bénéficiaire de la lutte contre les inégalités entre les femmes et les hommes, menée avant mon arrivée dans le monde académique. À mon étonnement toutefois, seulement cinq femmes parmi quarante personnes ont choisi de participer à cet atelier et aucun homme n’a assisté aux échanges. L’équité entre les femmes et les hommes, était-ce un problème dont personne ne voulait plus discuter?

Force est de croire que non. En mars 2013, la revue Nature y a consacré un numéro spécial. Entre éditoriaux, entrevues, articles dressant un portrait de la participation de femmes à l’œuvre scientifique, on constate que la poursuite de l’équité entre les femmes et les hommes ne doit pas se cantonner uniquement dans des chiffres quasi-paritaires. Elle doit aussi se traduire en actions et manières de faire qui permettent d’offrir une égalité d’opportunités de réussite et doit être portée tant par les femmes que les hommes.»

Lise Gauvin, Ph.D. FCAHS

En terminant, Lise et moi-même mettons en relief deux éléments tirés du numéro spécial de Nature. D’une part, nous avons, chacun de notre côté, complété le test de biais implicites relativement aux femmes et la science: https://implicit.harvard.edu/implicit/selectatest.html (choisir l’onglet gender-science IAT) .

Nous vous invitons à en faire autant. Ce fut révélateur, même si nous connaissions les « bonnes » réponses. D’autre part, ce ne sont pas seulement les obstacles apparents qui freinent les carrières des femmes et des hommes mais les non-événements, soit les occasions manquées de valoriser les réalisations. Ainsi, le 8 mars prochain, nous vous invitons à prendre le temps de souligner les contributions d’une chercheuse, d’une étudiante, d’un chercheur et d’un étudiant.         


Vincent Poitout, DVM, Ph. D., FCAHS    
Directeur du CRCHUM

Lise Gauvin, Ph. D., FCAHS
Directrice adjointe scientifique – santé des populations