Mot du directeur : Pour de meilleures évaluations par les pairs

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Jeudi 18 juin 2015

Je débutais le mot du directeur du mois de mai en écrivant que l’évaluation par les pairs est un élément clé de la recherche. Continuant sur ce thème, j’aimerais encourager un plus grand nombre de nos chercheurs à participer activement à des comités de pairs. Nous sommes actuellement trop peu nombreux à nous impliquer au sein de ses comités par rapport à notre volume de publications scientifiques.

Sur le plan individuel, siéger au sein d’un comité d’évaluation des demandes de fonds permet d’une part de connaître les derniers développements scientifiques dans notre domaine, souvent avant qu’ils soient publiés. D’autre part, on y apprend beaucoup sur ce qui constitue une bonne ou une mauvaise demande, sur ce qu’attend un comité, et sur les erreurs à éviter. Contrairement à ce que laisse entendre une légende urbaine, qui prétend que les membres des comités « se financent entre eux », il n’y a aucun bénéfice direct à servir dans un comité de pairs. En revanche, les bénéfices indirects, en termes d’apprentissage et de « grantsmanship », sont à mon sens considérables. Sur le plan collectif, nous avons intérêt à renforcer notre présence au sein des comités, afin de mieux connaître leurs attentes et de pouvoir nous entraider pour améliorer nos chances de succès. Ceci est particulièrement important pour mieux préparer les demandes de bourses salariales et les lettres d’appui qui les accompagnent.

La réforme des programmes des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) a un impact important sur le financement de nos recherches. Nous aurions espéré de meilleures performances au concours pilote du volet Fondation de 2015 et nous analysons actuellement en détail les évaluations des demandes pour s’assurer qu’elles ont été révisées à leur juste valeur. En première analyse, il semble que les évaluateurs n’ont pas toujours appliqué les mêmes critères, ce qui est fort préoccupant dans le contexte où les évaluations sont désormais faites en ligne.

L’accès à des fonds publics pour financer nos recherches en santé est de plus en plus difficile. Dans ce contexte, il s’avère essentiel de s’assurer que les critères d’évaluation des demandes soient justes, et qu’ils soient respectés. Comme dit le dicton : on n’est jamais si bien servi que par soi-même. C’est pourquoi je vous invite à vous impliquer, pour vous-même et pour notre centre de recherche.

Pour terminer, je partage avec vous ce commentaire récent dans Nature Medicine qui suggère que l’augmentation récente du budget de la recherche en Allemagne et les frémissements dans ce sens aux États-Unis pourraient être des signes avant-coureurs d’un renversement de tendance dans d’autres pays occidentaux. J’espère que nos dirigeants s’inspireront de ces politiques proactives pour investir davantage dans la recherche en santé, pour le bénéfice de tous.

Je vous souhaite à tous un bel été, reposant et ensoleillé !

Vincent Poitout
Directeur du CRCHUM par intérim