Charles M. Rice devient chercheur honoraire du CRCHUM

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16 Juin 2017

Professeur à la Rockefeller University et directeur du Center for the Study of Hepatitis C à New York, Charles M. Rice et son équipe ont contribué à de nombreuses percées scientifiques en virologie, dont la description des mécanismes de l'infection humaine par le virus de l’hépatite C (VHC) et l’identification de cibles thérapeutiques. Ces travaux ont conduit à la découverte d’antiviraux pour traiter les personnes atteintes par l’hépatite C.

L’éminent virologue a reçu aujourd’hui le titre de chercheur honoraire du Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CRCHUM), alors qu’il était de passage à Montréal pour présenter ses travaux – dans le cadre des Conférences du CRCHUM – sur l’importance de la réponse immunitaire innée lors d’infection virale.

« Il me fait plaisir de remettre le titre de chercheur honoraire du CRCHUM à Charles M. Rice. Ses recherches ont mené à la création d’un système de réplication du VHC qui ont permis l’élaboration de nouveaux antiviraux à action directe (AAD), une avancée extraordinaire pour les 71 millions de personnes qui souffrent de l’hépatite C dans le monde. Il s’est mérité en 2016 le prix « Lasker-DeBakey Clinical Medical Research Award », et il ne serait pas étonnant qu’il reçoive un jour le prix Nobel. Ce succès démontre l’importance de la recherche fondamentale pour générer des découvertes qui répondent aux besoins des patients », a déclaré Vincent Poitout, directeur du CRCHUM et directeur de la recherche au CHUM.

« Je vous remercie pour cet honneur, c’est formidable. Après des décennies de  recherches par plusieurs équipes pour comprendre le fonctionnement du virus de l’hépatite C (VHC), nous disposons enfin de nouveaux traitements efficaces pour éliminer le virus chez plus de 95% des patients traités. Mais plusieurs défis restent à relever. Pour éradiquer cette infection dans le monde, nous avons besoin d’un vaccin pour prévenir l’infection à l’hépatite C. J’espère également que ce que nous avons appris dans la lutte contre l’hépatite C nous aidera à lutter contre d’autres virus apparentés, comme la dengue ou Zika », a déclaré Charles M. Rice.

L’évolution de l’immunité antivirale

Charles M. Rice poursuit ses travaux pour décrypter les mécanismes de défenses de l’hôte aux virus. Récemment, il s’intéresse au rôle des interférons en tant qu'agents antiviraux contre de nombreux virus.

Si les traitements à l’interféron ont été abandonnés depuis l’arrivée des nouveaux antiviraux à action directe – beaucoup moins toxiques pour les personnes atteintes par l’hépatite C – la molécule n’a pas révélé tous ses secrets.

Lorsque les cellules sont infectées par le VHC, elles produisent naturellement de l’interféron, mais pas suffisamment pour tuer le virus. Cette première ligne de défense s’appelle l’immunité innée. Le professeur Rice a démontré que l’expression de gènes induits par l’interféron (ISGs) s’exerce contre toute une panoplie de virus, mais qu’ils varient d’un virus à l’autre. Lors d’une infection par le VHC, une quantité d’interféron insuffisante pour tuer le virus est produite, alors que dans certaines infections, un excès d’interféron peut conduire à de sérieuses pathologies humaines.

Comment moduler cette puissante molécule de façon optimale? Quelles sont les autres facteurs qui entrent en jeu dans la réponse antivirale? Voilà l’objet des recherches actuelles de Charles M. Rice. Objectif : découvrir des cibles et molécules à visée thérapeutique pour limiter les pathologies associées.

Charles M. Rice, Ph. D. - Notes biographiques

Charles M. Rice est titulaire de la Chaire en virologie Maurice R. et Corinne P. Greenberg et directeur du Laboratory for Virology and Infectious Disease à Rockefeller University. Virologue de réputation mondiale et figure importante dans la recherche sur les flavivirus dont le virus de l'hépatite C (VHC), le professeur Rice a obtenu son baccalauréat de l’Université de Californie à Davis en 1974 et son doctorat de l'Institut de technologie de Californie en 1981. Entre 1986 à 2000, il a occupé un poste à la faculté de l’Université de Washington à St. Louis. Son équipe de recherche a aidé à comprendre la biologie du VHC et produit le premier clone moléculaire infectieux du virus –  un outil essentiel pour la recherche sur cet agent pathogène humain. Grâce à l’élaboration de modèles cellulaires et animaux, son laboratoire a étudié la réplication du VHC et évalué l'efficacité antivirale. Cette recherche révolutionnaire a conduit au développement de médicaments contre l'hépatite C. Charles M. Rice est co-auteur de plus de 400 articles et agit comme réviseur pour de nombreuses revues scientifiques. Il a présidé l’American Society for Virology, et est membre de l'Association américaine pour l'avancement des sciences (AAAS), de l'Académie nationale des sciences des États-Unis. Charles M. Rice est récipiendaire des prix MW Beijernick 2007, Dautrebande 2012, Robert Koch 2016, InBev Baillet-Latour 2016 et Lasker-Debakey 2016 décernées pour ses recherches pionnières en virologie, en particulier sur les Flavivirus.

Liste des chercheurs honoraires du CRCHUM >>>

Sur la photo: Naglaa Shoukry, chercheuse au CRCHUM, Vincent Poitout, directeur du CRCHUM, Charles M. Rice, chercheur honoraire au CRCHUM.