Innover pour mieux traiter les personnes souffrant de toxicomanie

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22 Octobre 2015
Didier Jutras-Aswad et Julie Bruneau

Ils sont trop souvent rejetés et marginalisés. Les portes du réseau de la santé leur sont trop souvent fermées. Au CHUM, les personnes souffrant de toxicomanie sont accueillies avec respect et bénéficient de soins d’avant-garde, grâce à une solide équipe intégrée de cliniciens et de chercheurs.

L’expertise développée au CHUM est unique au pays. Chaque année, pas moins de 20 000 patients reçoivent des soins dans nos services de médecine et de psychiatrie des toxicomanies. Ils consultent pour un problème de dépendance aux substances comme la cocaïne, les opiacés ou l’alcool, par exemple.

Ils reçoivent des soins pour leur problème de dépendance, et pour d’autres problèmes de santé, puisque la toxicomanie s’accompagne souvent d’autres conditions physiques ou psychiatriques. Plusieurs patients sont invités à participer à des recherches scientifiques.

« Par l’intégration de la recherche aux services cliniques, nos patients bénéficient de traitements à la fine pointe de ce qui se fait dans le domaine. Ils ont accès en primeur à de nouveaux médicaments et de nouvelles approches, et on leur offre des traitements psychosociaux de qualité », explique le Dr Didier Jutras-Aswad, médecin et chercheur au Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CRCHUM).

Le CRCHUM assure un leadership national dans la recherche interventionnelle en toxicomanie, grâce à d’importantes subventions du gouvernement canadien. Depuis février 2015, la Dre Julie Bruneau, médecin et chercheuse au CRCHUM, dirige le volet du Québec et des Maritimes de l’Initiative canadienne de recherche sur l’abus de substances. Ce programme de recherche pancanadien se consacre à la prévention et au traitement de la toxicomanie. En juillet dernier, la chercheuse au CRCHUM Naglaa Shoukry a aussi obtenu une subvention de 4,5 millions $ pour diriger le Réseau national de collaboration sur l’hépatite C, conjointement avec la Dre Julie Bruneau. À terme, ce réseau vise l’éradication pure et simple de cette maladie, non seulement parmi les toxicomanes, mais aussi dans la population en général.

Lutter sur tous les fronts

La toxicomanie cache souvent d’autres problèmes, comme la psychose ou la dépression. De plus, plusieurs patients souffrent de maladies chroniques, telles que l’hépatite C, qui ne sont pas diagnostiquées. C’est ce qu’on appelle la « comorbidité ». Les chercheurs au CHUM testent de nouvelles approches pour mieux intervenir sur la toxicomanie et ses troubles associés. 

Depuis 2004, une étude longitudinale appelée « cohorte HEPCO » recense les toxicomanes dans la communauté pour identifier les meilleurs moyens de prévenir et de traiter les infections au VIH et à l’hépatite C. « Près de 70% des personnes qui s’injectent des drogues s’infectent par l’hépatite C. Malheureusement, ils sont peu nombreux à se faire traiter », déplore la Dre Bruneau. Le CHUM a développé un programme très efficace : des infirmières cliniciennes rencontrent les patients toxicomanes pour dépister les cas d’hépatite C et leur offrir un traitement approprié. « Nous menons des recherches pour évaluer quels sont les meilleurs modèles de soins. Ces modèles sont conçus avec la communauté, pour s’assurer qu’ils pourront être offerts dans d’autres milieux au Québec et au Canada. C’est comme ça qu’on fait évoluer les meilleures pratiques », fait valoir la Dre Bruneau. Notre équipe s’intéresse également aux facteurs. 

L’équipe du Dr Jutras-Aswad mène une recherche pour traiter la dépression chez les patients dépendants aux opiacés : « Ces personnes sont souvent dépressives, mais les antidépresseurs habituellement utilisés sont inefficaces. On essaie maintenant un nouvel antidépresseur, en espérant qu’il sera efficace pour traiter la dépression chez ces patients. » 

Un autre projet a pour but de tester un nouveau médicament pour soigner la dépendance à la cocaïne, pour laquelle il n’existe actuellement aucun traitement pharmacologique. Les chercheurs s’intéressent aussi aux ravages des opioïdes de prescription, comme le fentanyl, une drogue ultrapuissante qui a entraîné de nombreuses morts par surdose. 

De l’aide pour les toxicomanes

L’équipe soignante : 12 médecins, plusieurs infirmiers, ergothérapeutes et travailleurs sociaux.

Services :
Prévention et éducation
Traitement médical de la toxicomanie incluant le sevrage et les traitements avec médication agoniste
Traitements des comorbidités de la toxicomanie, incluant les troubles de santé mentale et les conditions médicales comme l’hépatite C

Participer à une étude clinique

Études cliniques en cours :
Traitement de la dépression chez les personnes dépendantes aux opiacés
Étude de l’état de manque chez les personnes dépendantes à la cocaïne et au cannabis
Traitement de la dépendance à la cocaïne
Évaluation de modèles de soins novateurs pour le traitement de la dépendance aux opioïdes
Traitement de l’hépatite C aigue et chronique chez les personnes s’injectant des drogues.

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