Mieux traiter la dépendance aux opioïdes d’ordonnance

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22 Février 2016
Didier Jutras-Aswad et Julie Bruneau

Grâce à un financement de 1,1 million de dollars du gouvernement du Canada, des chercheurs du Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CRCHUM) entament une vaste étude clinique qui vise à mieux traiter les personnes dépendantes aux opioïdes sur ordonnance. Ce projet est le fer de lance de l’Initiative canadienne de recherche sur l’abus de substances (ICRAS) des Instituts de recherche en santé du Canada. Le CHUM est l’un des sites de cette étude pancanadienne.

« La dépendance aux opioïdes sur ordonnance constitue le problème lié aux opioïdes le plus répandu dans les centres de traitement de la toxicomanie au Canada. Des médicaments antidouleur prescrits par les médecins comme la morphine, l’hydromorphone, l’oxycodone ou le fentanyl se retrouvent sur le marché noir. Ces médicaments sont responsables d’une épidémie de morts par surdose au Canada depuis quelques années », rappelle la Dre Julie Bruneau, chercheuse au CRCHUM et directrice du pôle Québec-Maritimes de l’ICRAS.

Réel fardeau de santé publique, l’abus d’opioïdes d’ordonnance prend des visages multiples. « Ce fléau touche autant des personnes en situation de grande vulnérabilité, que des personnes qui développent une dépendance à ces médicaments lorsqu’ils sont prescrits par des médecins. Le portrait devient complexe, ce qui pose toutes sortes de défis pour traiter la dépendance », explique le Dr Didier Jutras-Aswad, psychiatre et chercheur au CRCHUM, et l’un des co-investigateurs principaux d’OPTIMA.

L’étude pancanadienne OPTIMA : « Optimiser les soins centrés sur le patient : essai contrôlé randomisé pragmatique comparant des modèles de soins pour la prise en charge du mésusage d’opioïdes sur ordonnance » va comparer l’efficacité de deux traitements approuvés au Canada et aux États-Unis pour soigner la dépendance aux opioïdes, soit la méthadone et la buprénorphine-naloxone.

« Ces traitements ont été développés pour des gens qui consomment des opiacés illicites, comme l’héroïne. Or, ces traitements ne sont peut-être pas adaptés aux nouveaux visages que peut prendre la dépendance aux opiacés de prescription. L’étude OPTIMA permettra d’étudier de nouveaux modèles de soins pour augmenter l’attrait, l’adhésion et l’efficacité de ces traitements », explique le Dr Jutras-Aswad, également professeur à l’Université de Montréal.

L’étude OPTIMA recrutera 240 patients au pays dans des dizaines de sites au Canada, dont une soixantaine au sein du pôle Québec-Maritimes de l’ICRAS. Cette étude est financée par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), à hauteur de 4,4 millions de dollars, dont le quart est alloué à l’équipe Québec-Maritimes.

Lire le communiqué des Instituts de recherche en santé du Canada >>>

ICRAS : Pôle Québec-Maritimes
L’Initiative canadienne de recherche sur l’abus de substances (ICRAS) est un consortium national de recherche financé par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). Il est formé de quatre pôles : Colombie-Britannique, Ontario, Prairies et Québec-Maritimes. La Dre Julie Bruneau dirige le Pôle Québec-Maritimes, composé de 62 chercheurs et collaborateurs : http://www.cihr-irsc.gc.ca/f/49611.html