Subvention de 530 000 $ pour Catherine Larochelle et Nathalie Arbour

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31 Octobre 2017
Catherine Larochelle et Nathalie Arbour

Le Groupe Merck EMD Serono accorde une subvention de 530 000 $ à Catherine Larochelle et Nathalie Arbour, du Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CRCHUM) et de l’Université de Montréal, pour mener un projet de recherche sur la sclérose en plaques.

L’annonce a été faite le 26 octobre dernier à Paris, lors du congrès international ECTRIMS (European Committee for Treatment and Research in Multiple Sclerosis). Le programme Grant for Multiple Sclerosis Innovation (GMSI) finance trois projets totalisant 1,5 million de dollars cette année. 

Immunosénescence et sclérose en plaques

Le projet codirigé par Catherine Larochelle et Nathalie Arbour s’intéresse à l’immunosénescence comme prédicteur de la progression de la sclérose en plaques.

« Nous voulons identifier dans le sang des personnes atteintes de la sclérose en plaques des marqueurs sensibles au vieillissement qui sont corrélés à la progression de la maladie et à la réponse au traitement », résume la Dre Catherine Larochelle, neurologue, chercheuse au CRCHUM et professeure au Département de neurosciences de l’Université de Montréal.

L’immunosénescence, c’est la modification du système immunitaire qui survient avec le vieillissement normal. La rencontre répétée d’antigènes altère l’immunité au fil du temps. 

« Des études récentes ont suggéré que ce phénomène naturel de l’immunosénescence est accéléré chez les personnes touchées par la sclérose en plaques. L'âge est le facteur prédictif le plus fort pour le début de la progression de cette maladie. Nous avons donc émis l'hypothèse que les modifications biologiques liées à l'âge du système immunitaire périphérique représentent des biomarqueurs pertinents pour la progression de la maladie, et peuvent prédire la résistance au traitement », explique Nathalie Arbour, chercheuse au Centre de recherche du CHUM et professeure au Département de neurosciences de l’Université de Montréal.

Les données préliminaires récoltées par les chercheuses montrent que les variations liées à l'âge sont plus prononcées chez les patients atteints de la sclérose en plaques, comparativement aux témoins sains de même sexe et de même âge. 

« Nous utiliserons une grande cohorte de 200 patients atteints de sclérose en plaques non traités, 200 patients atteints traités et 150 témoins sains pour caractériser et comparer les marqueurs immunitaires sensibles à l'âge. Nous espérons découvrir des biomarqueurs prédictifs de la progression de la sclérose en plaques, pour ensuite mesurer l'impact des thérapies sur ces biomarqueurs en fonction de l'âge et des résultats du traitement », explique Nathalie Arbour.

Il n’existe actuellement aucun remède pour guérir la sclérose en plaques, mais plusieurs traitements pouvant diminuer les poussées et les lésions existent. 

Ultimement, cette recherche vise à mieux prédire l’évolution de la sclérose en plaques, pour offrir les traitements disponibles au bon moment. Cette maladie auto-immune qui s’attaque au système nerveux central touche plus de 100 000 personnes au Canada, selon la Société canadienne de la sclérose en plaques.

Biographie - Catherine Larochelle

Catherine Larochelle est neurologue au Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) depuis 2013, professeure clinicienne adjointe et chercheuse au Centre de recherche du CHUM (CRCHUM) depuis 2016. Son programme de recherche porte sur la contribution du système immunitaire périphérique au dysfonctionnement neuroglial dans les troubles neuro-inflammatoires. Son équipe effectue des tests ex vivo et in vitro sur des cellules primaires humaines, des études in situ sur des coupes cérébrales humaines de MS et des contrôles, ainsi que des expériences in vivo incluant la microscopie intravitale sur des modèles animaux. Son programme de recherche est financé par la Fondation Banting et la Fondation Savoy.

Biographie - Nathalie Arbour

Nathalie Arbour est professeure à l'Université de Montréal et chercheuse au Centre de recherche du CHUM (CRCHUM) depuis 2006. Elle est également responsable de l’axe Neurosciences du CRCHUM. Son programme de recherche vise à caractériser et comprendre les interactions entre le système immunitaire et le système nerveux central (SNC), en particulier les rôles des cellules T dans le contexte de la sclérose en plaques (SEP). Nathalie Arbour a publié plus de 56 articles s'appuyant sur des données provenant à la fois de systèmes humains et de souris. Son programme de recherche est financé par la Société canadienne de la sclérose en plaques, les Instituts de recherche en santé du Canada et le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada.